🍂🌧️ — Retrouvailles avec mon enfance à Chengdu

Chaque fois que je reviens à Chengdu, une partie de moi redevient cette petite fille d’autrefois…
En cette fin septembre, sous une fine pluie d’automne, mes pas m’ont ramenée au temple de Qingyang (青羊宫), un lieu si cher à mon cœur.
Petite, j’y venais surtout pour la fête des lanternes 🏮 avec mes parents et amis. Tout n’était que lumières, couleurs et rires. Les allées débordaient de monde et, les poches pleines de bonbons, nous courions d’une lanterne à l’autre, fascinés par les décorations et les énigmes des calligraphies.
Ces lumières étaient de l’art en papier, sous toutes les formes, jusqu’à ma petite lanterne faite de la peau d’une grosse mandarine 🍊 avec une bougie 🕯️à l’intérieur … rien à voir avec les techniques modernes, certes très colorées, grands et variées mais trop commerciales à mon goût.
Le bonheur avait alors la simplicité et la douceur d’un bonbon. 🍬
Depuis, j’ai découvert bien d’autres fêtes, parfois plus grandioses et plus spectaculaires. Mais aucune n’a jamais égalé la magie de celles de Qingyang.
À l’époque, j’ignorais presque tout de la richesse spirituelle de ce lieu.
Le temple de Qingyang, dont le nom signifie « Palais de la Chèvre verte », est l’un des plus anciens et des plus importants sanctuaires taoïstes de Chine. Son histoire remonte à plus de deux millénaires, même si ses bâtiments actuels datent principalement de la dynastie Qing.

La tradition le rattache à Laozi, sage de la Chine ancienne auquel est attribué le Tao Te King. On y découvre le magnifique pavillon des Huit Trigrammes, symbole de l’harmonie entre le Ciel, la Terre et les forces de l’univers. Deux étonnantes chèvres de bronze veillent également sur le sanctuaire. Selon la croyance populaire, les toucher porterait bonheur et favoriserait la santé.
Le taoïsme nous invite à vivre en harmonie avec la nature, à accepter le mouvement des choses et à rechercher la simplicité intérieure.
Curieusement, c’est aujourd’hui, à plus de soixante ans, que ces enseignements me parlent davantage.
La pluie glisse sur les tuiles sombres, les murs rouges se reflètent dans les allées mouillées. L’air de Chengdu est parfumé d’osmanthe, mêlé aux senteurs légèrement amères de l’encens.
Autrefois, je courais parmi la foule. Aujourd’hui, je préfère m’abriter sous un avant-toit, écouter la pluie et contempler tranquillement ce qui m’entoure.
Avec les années, le regard change. On apprend à ralentir, à apprécier le silence et à trouver de la beauté dans les choses les plus simples.
Certains lieux ne se visitent pas seulement pour leur beauté. On y revient pour retrouver, au détour d’une allée, une part de soi que le temps n’a jamais effacée.
La pluie continue de tomber, doucement, sans se presser… comme si elle feuilletait les pages d’un vieil album.
À tous ceux de ma ville natale, que la vie me permette de vous revoir toujours et encore.

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