
On détourne les yeux. Pas parce qu’on ne voit pas. Mais parce que voir, ça brûle.
Les écrans déversent des guerres
comme des bulletins météo :
aujourd’hui, bombardements.
Demain, représailles.
Toujours, des mères qui pleurent.
Les frontières changent,
les raisons changent,
les drapeaux changent
mais le sang, lui,
a toujours la même couleur.

On nous parle de stratégie, de défense, d’équilibre des puissances. Mais jamais du silence dans la chambre d’un enfant qui comprend trop tôt que le monde peut s’effondrer.
Alors on détourne le regard. On respire. On fait comme si. Parce que la peur, quand elle devient permanente, nous vole notre humanité.
Mais écoute.
Sous le vacarme des armes
il y a encore des battements.
Des mains qui soignent.
Des voix qui refusent.
Des consciences qui disent non.
Le monde n’est pas perdu.
Il est blessé.
Et tant qu’il y aura des cœurs
qui choisissent la paix
plutôt que la haine,
il restera une lumière
même dans la nuit des guerres sans fin.

我们把目光移开。
不是因为我们看不见,
而是因为看见,会灼伤。
屏幕倾泻着战争,
像每日的天气预报:
今天,轰炸。
明天,报复。
永远,是母亲的哭泣。
边界在变,
理由在变,
旗帜在变——
可鲜血,
始终是同一种颜色。
他们谈论战略,
谈论防御,
谈论力量的平衡。
却很少谈起——
一个孩子房间里的寂静,
当他过早明白,
世界可以瞬间崩塌。
于是我们移开目光。
深呼吸。
假装一切如常。
因为当恐惧变成日常,
它会偷走我们的灵魂。
但请听。
在枪炮的喧嚣之下,
仍有心跳。
仍有双手在救治。
仍有声音在拒绝。
仍有良知在说“不”。
世界并未迷失。
它只是受伤。
只要还有人
选择和平,
而不是仇恨,
在无尽战火的夜里,
就会有一束光。

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